Pascal Blanchard invité de l’Université populaire

Dans le cadre de la politique de l’excellence éducative mise en œuvre par la ville, l’historien de réputation internationale, Pascal Blanchard est l’invité de la prochaine conférence de l’Université populaire qui se déroule le jeudi 16 février à 20h30, au conservatoire municipal Yitzhak Rabin.
Sa conférence a pour thème : « L’Histoire globale de la France coloniale ».

Chercheur associé au CNRS, il travaille sur le « fait colonial » et l’histoire des immigrations en France, notamment à travers la question de leurs représentations. Auteur de nombreux ouvrages, il est également documentariste et commissaire d’exposition.

Spécialisation en études coloniales et post-coloniales et dans l’histoire de l’immigration.

Le domaine d’intervention de Pascal Blanchard est le « fait colonial », les immigrations « des Suds » en France, l’imaginaire colonial, l’histoire des présences combattantes et sportives en France et l’histoire du corps. Il intervient régulièrement dans les débats pour promouvoir un autre rapport du présent au passé colonial, aux questions de l’identité et à la relation à l’histoire des immigrations « des Suds » (coloniales et post-coloniales) en France. En parallèle, il a travaillé sur la notion de « culture coloniale » en s’attachant aux conséquences, dans les métropoles, des enjeux coloniaux et ses influences idéologiques dans les domaines de la culture, de la politique, des expositions et de la littérature.

La propagande coloniale a fait partie du quotidien des Français.

Pendant plus d’un siècle, de la IIIe République naissante (1870) à la dernière décolonisation (1980, les Nouvelles-Hébrides), la propagande coloniale a fait partie du quotidien des Français. Affiches touristiques ou de recrutement militaire, expositions universelles et coloniales, manuels scolaires et protège-cahiers, couvertures de livres et de magazines, presse illustrée et brochures de propagande, photographies et cartes postales, jeux de société et bandes dessinées, publicités et films, monuments et statues, peintures et émissions de radio…

Apologie de la « plus grande France ».

Génération après génération l’idée coloniale a fait son chemin, pour devenir consensuelle durant l’entre-deux-guerres et se prolonger jusqu’aux dernières heures de l’Algérie française et même au-delà. Au cœur de cette dynamique, l’image a été un vecteur essentiel du message colonial, portant un regard paternaliste et raciste sur ceux que l’on appelait les « indigènes ».

Analyse dans son contexte de cette incroyable production.

En croisant les sources les plus diverses et des archives exceptionnelles, on comprend les mécanismes de l’adhésion du plus grand nombre à l’Empire. Par un remarquable décryptage des images, accompagné de citations pour chaque époque, ce travail montre comment a été construit l’univers symbolique structurant l’imaginaire sur la colonisation. Celui-ci est indissociable de l’identité nationale et a des répercussions sur les grands enjeux politiques, économiques et idéologiques pendant près d’un siècle.

Discours sur la « mission civilisatrice ».

Le discours sur la « mission civilisatrice » s’est imposé et se sont bâties les grandes mythologies de la « République coloniale », dont certaines représentations perdurent. Cette approche inédite sur notre culture visuelle, politique et historique participe au travail de déconstruction en cours sur l’héritage de la colonisation : il permet de regarder autrement ce passé et ses résonances dans le présent.

« Dans la guerre des mémoires, l’histoire doit retrouver sa place », Pascal Blanchard.