À Sarcelles une semaine pour prévenir les violences faites aux femmes

La ville de Sarcelles, à l’appui des maisons de quartier et en partenariat avec les lycées, agit en faveur d’une grande cause : l’élimination de la violence à l’encontre des femmes. Pendant une semaine, un programme de sensibilisation est proposé à destination des publics. Cinés-débats, conférences, tables rondes, brigade d’intervention dans les lycées sont autant d’actions portées par l’ensemble des acteurs. Pour la première fois cette année, la thématique de la prostitution sera abordée.

Pour rappel, en 2021, le nombre de féminicides, en France, avait augmenté de 14 % par rapport à l’année précédente. 134 victimes, dans le couple, contre 125 en 2020 soit 1 victime tous les 2 jours. Un bilan glaçant. D’autres formes de violence à caractère social, psychologique ou sexuelle sont également recensées.  En moyenne chaque année sur la période 2011-2018, 94 000 femmes âgées de 18 à 75 ans déclarent avoir été victimes d’un viol ou d’une tentative de viol. Parmi ces femmes victimes, 32 % sont âgées de 18 à 29 ans et dans 45 % des cas, l’auteur est un conjoint ou un ex-conjoint. Prévenir le plus tôt possible en intervenant dans les lycées est donc une priorité.

La ville de Sarcelles, prend la mesure de la situation, et porte une politique de sensibilisation en continu, accompagnée par le comité de femmes citoyennes, et au travers d’évènements, d’ateliers ou d’animations pour espérer qu’à Sarcelles, les femmes s’épanouissent et ne subissent plus de violence. Il s’agit d’une ambition politique intégrée au projet municipal.

« À Sarcelles, nous incluons l’ensemble de ces initiatives dans la politique des trois A : accueillir, apprendre, agir. Accueillir, c’est ouvrir au sein d’un centre commercial très fréquenté, un point d’écoute et d’accompagnement face aux violences intrafamiliales en recrudescence depuis la crise sanitaire. C’est le rôle de la Maison des femmes, abritée par la Fondation des femmes et inaugurée dans notre ville il y a un an.  Apprendre, c’est en particulier s’appuyer sur la force du témoignage. Celui des jeunes femmes de l’association Rebonds a valeur de repère et de formation. Agir, c’est utiliser tous les moyens dont dispose une administration municipale et tordre le cou au fatalisme sur la difficulté supposée des politiques égalitaires en entreprise. L’adhésion au centre Hubertine Auclert, espace de ressources francilien pour l’égalité femmes-hommes, participe de cette volonté d’opérer des changements au quotidien » affirme Patrick Haddad, maire de Sarcelles.

Une ville engagée pour la cause des Femmes

À Sarcelles, ce sont les habitantes rassemblées dans deux instances « le bataillon de la sérénité » et le « comité des femmes citoyennes » qui font office de porte-voix auprès de la ville. En tout, ce sont près de 50 femmes entendues sur des thématiques diverses comme l’aménagement urbain et la réappropriation des espaces publics, la sécurité, la communication, la culture etc. 

D’autres projets sont également mis en œuvre :

  • « Thématique Femmes et exil » travaillée à partir d’ateliers, de spectacles pour sortir les jeunes femmes de la prédiction d’un futur victimaire ;
  • « Ateliers les lucioles » sophrologie gratuits pour les femmes au centre social des Lochères pour se reconnecter à sa vie après des traumatismes ou pour s’accorder une pause dans une vie trop chargée ;
  • « Projet urbanistique du cèdre bleu avec la création d’un espace multi-accueil et de logements en partenariat avec DCDF (Du côté des femmes) » ;
  • « Création d’une cellule de vigilance sur les violences sexuelles dans le sport », dans le cadre de la campagne « Protéger, Alerter, Secourir » adresse mail dédiée : signalement.violences.sexuelles@sarcelles.fr
  • « Formations – prévention des violences sexuelles et accueil des victimes de violences intrafamiliales », à destination des personnels de la ville, police municipale, prévention et de l’accueil.

Info +

Une journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes a été instaurée le 25 novembre 1999 par l’Organisation des Nations Unies (ONU) . La date du 25 novembre a été choisie en mémoire des trois sœurs Mirabal, militantes dominicaines brutalement assassinées sur les ordres du chef d’État, Rafael Trujillo.

Le numéro 3919 est accessible 24h sur 24 pour dénoncer des violences subies ou connues.

Des téléphones grave danger sont déployés ainsi que des kits d’orientation, en relais des signalements au 3919, ils sont gérés par l’association Du côté des femmes labellisée pour ça (sous couvert du ministère, du centre Hubertine Auclert, de la région IDF et du 3919).

> Modification du programme.

  • L’opération de communication au lycée – campagne d’affichage de slogans aura lieu le mardi 29 novembre de 12h30 à 13h30.
  • Vendredi 25 à partir de 14h30 aura lieu le « Village de la Prévention » géré par les services de sureté ferroviaire, SNCF, RATP, Keolis, sur l’esplanade de la gare de Garges-Sarcelles avec comme thématique les violences sexuelles y compris dans le couple. Une intervention des élus de la ville est prévue.