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Sarcelles, Le 15 novembre 2019

Une profanation indigne

Ce 15 novembre 2019 restera comme un jour de tristesse dans la mémoire de Sarcelles.

Le 8 mai 2018, après des années de travail, de lutte pour la reconnaissance du sang versé par les soldats des armées coloniales, le collectif africain de Sarcelles avait la fierté d’inaugurer une stèle, en présence de François Pupponi, Député du Val d’Oise et Maire honoraire de Sarcelles, d’Annie Péronnet, Maire de Sarcelles et de Youri Mazou-Sacko, Conseiller départemental du Val d’Oise.

Cette stèle est le symbole du sang versé par les soldats d’Afrique membres de l’armée coloniale. Au cours des deux conflits mondiaux du XXème siècle, des dizaines de milliers d’entre eux venus du Maroc, du Sénégal, des Comores… donnèrent leur vie pour défendre les couleurs du drapeau français.

Le 11 novembre dernier, il y a quatre jours à peine, des dizaines de Sarcellois, étaient réunis en présence des autorités de la Ville, pour fleurir cette belle stèle noire et honorer la mémoire des soldats d’Afrique tombés au combat.

Sarcelles sait ce qu’elle doit à ses valeureux ancêtres, de toutes origines, qui unirent leurs forces face à un ennemi commun.

Ce matin, nous avons eu la douleur de constater que les fleurs avaient été arrachées, jetées aux vents d’automne. La stèle dédiée aux soldats de la guerre de 1914-1918 gisait à terre, brisée, en écho au destin des hommes auxquels elle rend hommage.

Ce geste est une insulte à l’histoire, une insulte à la conscience africaine, une injure au sacrifice des hommes, une offense à leur mémoire.
A l’indignité de cette profanation répond notre indignation.

Délinquance ? Ignorance ? Plaisir de détruire, ou plus grave encore, expression d’un racisme ordinaire ? Les questions affluent. Il appartient à la justice d’y répondre.
L’auteur de ce geste doit être appréhendé et répondre de ses actes.

Notre émotion d’aujourd’hui n’a d’égal que notre détermination pour demain. Demain, comme chaque jour, passée l’émotion, nous relèverons la tête et nous reconstruirons.
A l’heure où les témoins de ces conflits s’effacent, la mémoire doit rester debout, et vivace.